Au fil d’un processus de nomination puis de sélection, quatre artistes ont été choisis : Maxime Guedaly, Constantin Schalchter, Sixtine de Thé, Elliott Verdier. À chacun son parcours, ses sujets, son mode opératoire. Pourtant il y a bien un trait commun qui les réunit : le premier trait qui aurait été tracé sur la page de leur parcours d’artiste, celui que chacun s’emploie à ne pas interrompre, quand bien même son tracé peut parfois tourner sur lui-même ou marquer une pause avant de repartir de plus belle. Ce trait, dont on doit garantir le libre tracé, c’est celui qui souligne ce que les artistes partagent : ne pas renoncer, ne pas renoncer à comprendre, et pour comprendre, ne pas renoncer à représenter.
Avec quels moyens peut-on échafauder une représentation du monde qui soit à la hauteur de notre expérience la plus intime de celui-ci ? Puisqu’il s’agit de trouver la représentation qui formule avec limpidité et une sorte d’évidence, que l’expérience du monde est une chose complexe, et que les chemins que nous empruntons sont plus sinueux que l’on imagine, chacun des artistes cherche son chemin de traverse pour tracer en conscience et liberté son itinéraire.
Elliott Verdier s’en va au grand froid, prenant le chemin du lointain Détroit de Béring et d’une île délaissée pour documenter autant un territoire blessé, que dessiner son propre désir de décentrement.
Sixtine de Thé plonge dans l’obscurité avec des personnes qui ont perdu la vue, avec lesquelles elle envisage, depuis une perspective autre, ce qu’est voir et faire image.
Constantin Schlachter fabrique de nouveaux outils pour observer des infra-mondes, cherchant aussi dans la nuit de la chambre noire à faire surgir à la surface du papier une matière à la profondeur vertigineuse.
Maxime Guedaly met le corps en mouvement —le sien et celui d’autres, danseurs et marcheurs— au cœur de son expérience des environnements urbains et ruraux comme préalable à une expérience renouvelée de l’être au monde.