DAMIEN CACCIA

Frutescens 2023

La photographie de Damien Caccia (1989) s’inscrit dans une pratique picturale. Sa peinture, d’abord figurative au sortir de ses études, se fait de plus en plus abstraite. La figuration de la matière devient peu à peu son sujet, et le peintre de gratter tant et plus jusqu’à ne conserver que la trace du geste qui a apposé la couleur. La toile devient le lieu d’une action passée dont n’est conservée qu’une marque de plus en plus évanescente, altérée. C’est pour sa qualité d’empreinte résiduelle que le peintre se saisit de la photographie. Tantôt il entreprend d’enregistrer avec un scanner portatif la totalité d’un jardin pour le restituer sous la forme d’un grand rouleau de papier, par fax. Plus tard encore, c’est l’écran du téléphone dont il vient sonder la mémoire, cherchant par-delà l’écran de veille à retrouver l’image fantôme que celui-ci vient dissimuler. Avec Larmes (2015-2022), il crée un ensemble forçant l’attention : de menus détails, des instants insignifiants retenus, on ne sait trop comment, sur de petites surfaces (de fines gouttes de colle) semblables à des lentilles accidentées.

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