MARLEEN SLEEUWITS • RÉSIDENCE

Le Centre photographique Rouen Normandie met en place à échéance régulière des résidences sur le territoire. Chacune est l’occasion d’inviter un ou une artiste à porter son regard sur un aspect du territoire qui peut faire écho avec les enjeux et questionnements à l’œuvre dans ses recherches personnelles. En connaissance du travail développé par Marleen Sleeuwits depuis plus de dix ans, le centre d’art lui propose d’examiner le patrimoine architectural local, soit un environnement caractérisé par son épaisseur historique et sa typicité. Il s’agissait tout d’abord de mettre en situation l’artiste, habituée des non lieux du tertiaire. 

Afin de déterminer la faisabilité et de confirmer, sur place, son intérêt pour la résidence, nous l’avons invitée à effectuer un premier repérage afin qu’elle puisse identifier le périmètre sur lequel elle souhaiterait travailler. Marleen Sleeuwits a ainsi visité de nombreux sites médiévaux et datant de la période de la Reconstruction. Lors de cette première visite, un intérêt est né chez elle pour les matériaux du Moyen Âge – et plus particulièrement la pierre de Seine. La résidence s’est donc découpée entre périodes de prises de vue à Rouen (voire dans la vallée de la Seine) et d’expérimentations dans l’atelier de l’artiste à La Haye. Les œuvres produites lors de cette résidence sont ainsi exposées en regard de travaux plus anciens, sélectionnées pour leur parenté ou leur dissonance.

« Lorsque j’ai visité la ville de Rouen pour la première fois, j’ai été subjuguée par les nombreux bâtiments historiques. Les célèbres reliefs à l’extérieur de la cathédrale m’ont intrigués, mais aussi les pans de bois qui recouvrent et structurent certaines maisons médiévales. J’ai également été inspirée par la fragilité de la pierre calcaire dont sont faits de nombreux bâtiments. Dans ces lieux et à travers leurs matériaux, les signes du temps sont immédiatement perceptibles. J’ai été marquée par les signes du temps perceptibles sur l’épiderme des édifices notamment et j’ai décidé d’enquêter plus profondément sur l’érosion de l’intérieur et de l’extérieur de la ville. Dans mon travail, je m’intéresse au type de matériaux dont nous nous entourons. De quelle peau l’endroit est-il fait ? Dans quel type de décor vivons-nous ? C’est une recherche à la fois visuelle et théorique. »