C’est une photographie phénoménologique que Nolwenn Brod construit, de celles qui placent au cœur du processus créatif, l’expérience de la rencontre. Tout a commencé en Irlande sur les traces de son père (Va-t’en me perdre où tu voudras, 2015 – Poursuite Editions) puis dans des villes au passé industriel ou portuaires, touchées par la guerre : Lodz, Varsovie, Gdansk en Pologne, Beyrouth au Liban et plus récemment Brest en Bretagne. Il est souvent question de la représentation d’un combat intérieur, d’un duel, des formes créées par les forces en conflit. Chaque portrait, chaque affaire individuelle, est politique ; les corps font société. L’observation minutieuse des gestes signifiants du quotidien, la micro-sensation, le micro-évènement, la volatilité de l’instant, de la présence des êtres, nourrissent son travail.
Avec, sur, sous, à travers, seraient autant de conjonctions pour appréhender le milieu et les habitants dans et avec lesquels elle est amenée à travailler. Les projets sont nourris de compagnonnages littéraires : le structuralisme de la rue de Witold Gombrowicz l’accompagne en Pologne lors de la réalisation du Temps de l’immaturité (2018 – en cours) ; en Creuse, sur les lignes de Gilles Deleuze, elle compose les photographies de La Ritournelle (2015-16) ; plus récemment, Jean-Luc Nancy, Charles S.Peirce ou encore Tanguy Viel inspirent Les Hautes solitudes à Brest (2021 – en cours).
Nolwenn Brod est une artiste française basée à Paris. Elle a étudié les sciences humaines et sociales, et s’est formée à la photographie à Londres et à l’école des Gobelins à Paris. Elle est membre de l’Agence Vu et représentée par la galerie éponyme à Paris depuis 2016.
Elle développe ses projets le plus souvent dans le cadre de résidences de création en France et en Europe où elle mêle photographie et vidéo ; et répond à des commandes pour la presse et les institutions. Ses œuvres sont régulièrement exposées en France et en Europe et font partie des collections de la Bnf, du Cnap, du Musée Nicéphore Niépce, du Musée de Bretagne, de la Villa Noailles, de la collection Agnès b., de la Fondation Neuflize OBC, d’artothèques et de collections privées. Son premier livre est paru aux éditions Poursuite en 2015, le second est en préparation.