Le travail de Pauline Hisbacq, en photographie ou par la manipulation d’images d’archives (collages, montages), évoque de manière poétique les questions de la jeunesse, du désir, des rites de passage et de la résistance. Elle recherche les sentiments dans les formes et les figures. Elle explore aujourd’hui ce qui lie l’intime et le politique, le mythe et le contemporain.
Le projet Songs for women and birds est un ensemble de collages élaborés à partir d’images d’archives du Greenham Common Women’s Peace Camp (1981-2000). Là, des femmes ordinaires ont lutté pacifiquement, en solo, contre l’installation de missiles nucléaires par les États-Unis, ici même en Angleterre, ce qui a contribué à entretenir la terreur de la guerre froide. Elles chantaient en résistance à la police, et plus généralement au monde de la domination, pour la préservation des générations futures, l’espoir de la paix, la protection de l’humanité et le respect de la nature.
Les collages se concentrent sur la manière dont les femmes inscrivent leur corps dans un geste de lutte aux antipodes des manifestations actuelles. Le premier enjeu pour communiquer leur révolte était d’être toujours pacifiques, même face à la répression policière. Il fallait donc souder les corps, dans la tendresse, pour faire front face à la domination qu’ils dénonçaient et qui les attaquait. Des coupes aux ciseaux sont réalisées sur les images d’archives de la lutte, pour montrer le langage corporel spécifique aux femmes de Greenham.
Pauline Hisbacq est née en 1980 à Toulouse. Elle vit et travaille à Paris. Après une maîtrise de philosophie, elle intègre l’ENSP d’Arles dont elle sort diplômée en 2011. Elle poursuit la même année avec un post diplôme à l’ICP de New York. Depuis, son travail a été présenté notamment aux Rencontres de la Jeune photographie Internationale de Niort (2014), à la fondation Ecureuil pour l’art contemporain à Toulouse (2019), à l’image Satellite à Nice (2018), à la friche belle de Mai à Marseille (2017), au festival Photo Paris Saint Germain (2017), au Bal (2019), au Centre photographique Rouen Normandie (2021). Elle publie Natalya chez 7 Editions (2016), Le feu chez September books (2017), Amour adolescente (chants d’amour) au Rayon Vert édition (2019), Cadavre Exquis, fanzine co-édité par Le Bal Books et September Books (2021), Songs for women and birds chez September books (2021). En 2017, elle obtient la bourse Soutien à la photographie documentaire contemporaine du CNAP pour le projet La fête et les cendres. En 2021, elle obtient l’Aide Individuelle à la Création de la Drac Ile de France pour le projet Rimorso. Elle est également lauréate de la commande nationale Les Regards du Grand Paris initiée par le CNAP et les Ateliers Médicis, avec le projet Pastorale. Elle est actuellement photographe au musée Rodin et éditrice à Septembre Books.