La pratique de Lívia Melzi repose sur la recherche photographique et archivistique pour interroger le rôle des images européennes dans la construction de l’identité et de l’histoire brésiliennes. Elle aborde les thèmes de la représentation, de la muséologie et de l’anthropologie à travers une démarche décoloniale.
Née de la destruction des des collections du Musée National de Rio de Janeiro survenue en 2018, Musea Futuri est une recherche qui se poursuit aujourd’hui en Europe.
Le projet interroge la forme et la vocation du musée contemporain à partir d’un constat : la disparition des objets réels ouvre la possibilité d’un musée fondé sur leurs images survivantes. Ce « musée vide » ne serait plus seulement un espace de conservation, mais un territoire spéculatif où la mémoire, la lumière et la trace photographique remplacent la matérialité perdue. Entre enquête documentaire et fiction critique, Musea Futuri propose une réflexion visuelle sur la fonction du musée à l’ère postcoloniale. Il questionne le rapport entre archives, pouvoir et imagination, et tente de réinventer une muséologie fondée sur la circulation et la survivance des images.
Née en 1985 à Ribeirão Preto (Brésil), Lívia Melzi est titulaire d’un master en océanographie de l’Université de São Paulo (2012) et d’un master en photographie et art contemporain de l’université Paris 8 (2018). Elle vit et travaille entre Arles et Paris. Elle a exposé au Salon de Montrouge où elle a reçu le Grand Prix (2021), au Palais de Tokyo (2022), ainsi qu’au Musée de Grenoble (2023), Maison de l’Amérique Latine (2025) et dans plusieurs festivals internationaux.